La revengeance des duchesses

Duchesses Carnaval Québec

La fin de mon aventure sera le début de la vôtre (je l’espère).

Ça fait une heure que je me demande si ça vaut la peine, à moins de 24 heures du couronnement, que je vous fasse un dernier post. J’aurais bien aimé vous faire la suite de mon photoroman, je sais que vous attendiez tous cela avec impatience, en transe, les mains moites et le coeur palpitant. Malheureusement, depuis le jour du lancement, les emmerdes me tombent dessus en paquet de douze, comme si j’avais magasiné au Costco du Malheur. Bref, toutes mes belles intentions de frivolités, de fioritures et de froufrous (et de tous les autres mots raffinés qui commencent par un f) ont été noyées dans la vague, et plouf.

Je vais prendre un moment pour vous écrire la vie quotidienne. Vous parler de mes rues et tenter de vous démonter l’habitabilité  et l’extraordinarité de mon magnifique duché, point par point.

Commençons par les services nécessaires: vous pensez peut-être qu’il n’a a pas, à l’abri des remparts gris, de quoi vous dépanner au jour le jour. Vous avez tort, tous autant que vous êtes: le Vieux-Québec a pas mal tout ce qu’il faut. Bon, il manque un supermarché digne de ce nom, un club vidéo, et peut-être un marché de fruits et légumes (quoiqu’il y a le Marché du Vieux-Port), mais sinon, on y trouve l’essentiel. La partie haute-ville compte deux pharmacies bien équipées, un hôpital (le plus vieux en Amérique du Nord), une SAQ au pied du Château Frontenac, et pour l’alimentaire l’Épicerie de la Côte (Côte du Palais) est bien garnie et accueillante, alors que l’Épicerie Richard (rue des Jardins) offre une variété suprenante de charcuteries et fromages pour la surface qu’elle occupe, et à des prix très raisonnables (surtout quand on compare au prix  qu’ils vendent le sucre d’érable granulé en micro-sachet). Derrière une pièce remplie d’articles de fer forgé, de pentures ouvragées et de clous anciens, la Quincallerie du Vieux-Québec cache une vraie de vraie quincaillerie, où on peut faire faire ses doubles de clés et acheter de la peinture. Il y a du beau et du concret, et des vrais gens qui savent qui on est, parce qu’on a déjà discutés avec eux.

Pour avoir du bon pain, on n’a pas besoin de courir très loin: la boulangerie Paillard le boulange et le cuit à la perfection: un petit morceau des vieux-pays dans notre vieille-ville. Comme ils ont aussi d’excellents croissants, des fougasses et des soupes réconfortantes, on n’y va pas que pour emporter: parfois, on s’attarde. Parlant de s’attarder, y a t-il une plus belle, plus invitante librairie que Pantoute, rue Saint-Jean? Une librairie pleine d’amoureux des livres, qui invite à se plonger dans un bouquin avec gourmandise, qui nous laisse des petits mots ici et là, pour guider nos choix. Une librairie, une vraie. Pas un grand magasin plein de babioles, de disques et de films: des livres, et l’odeur du papier qui nous remplit les narines dès les doubles portes franchies.
Le Vieux-Québec a son lot d’institutions qui ont marqué l’histoire de Québec et de son commerce: la Maison Simons y a sa plus ancienne succursale et son siège social, et constitue une destination de choix pour perdre du temps lorsque je m’égare en allant au dépanneur. J.E. Giguère, une authentique tabagie dans le sens de tabac, vend tout pour le fumeur sur la rue Buade, depuis 1939.

On retrouve, au détour des rues de la vieille-ville, quelques unes des meilleures tables de Québec, mais également des petits restos et bars sympathiques où malgré les touristes, on a l’impression d’être chez soi: le Casse-Crêpe Breton, le Pub Saint-Alexandre,  le Pub Sainte-Angèle, Chez Temporel, le Petit Cochon Dingue (pour les desserts abordables et la petite terrasse, l’été).

Près du carré d’Youville, la Maison Dauphine accueille les jeunes de la rue et les aide à trouver du beau dans la vie. Vous voyez qu’ici, on est loin du village touristique, et pourtant on est juste là, près des calèches et des spectacles du Festival d’Été.
Côté shopping, mon duché n’a pas que des t-shirts avec des orignaux à offrir. Harricana déploie des merveilles dans ses vitrines que je m’interdis de regarder de peur de succomber, alors que pas très loin mais très différent, la Maison du Hamac invite à d’autres vices. Dans le Petit-Champlain, la boutique Vert Tuyau charme par ses articles inusités et originaux, et tout autour plusieurs autres boutiques nous offrent des objets, jouets, vêtements, meubles et bijoux fabriqués ici.

Pour le plaisir, on entre dans la Boutique de Noël rue Buade, où le féérique côtoie le super ringard. On s’amuse nécessairement, même si on trouve ridicule d’entendre Silver Bells en plein mois de juin. Côté culture, le Palais Montcalm, le Capitole, le Théâtre du Petit-Champlain, les Gros-Becs et les innombrables galeries d’art en offrent pour tous les goûts, et pour tous les publics.

En plus de pallier au nécessaire et de se divertir, on s’instruit entre les murs: l’École des Ursulines, le Séminaire, le Petit-Séminaire, l’École Saint-Louis-de-Gonzague. Si vous flânez rue Mont-Carmel, vous entendrez peut-être un étudiant du Conservatoire d’Art Dramatique de Québec réciter une tirade, ou vous en verrez quelques uns dans le Parc du Cavalier du Moulin, qui fait le cul du cul-de-sac. Un parc intime et slendide, comme un petit joyau dans un fouillis de verdure, il surplombe les toits et invite à la procrastination. Parlant de parcs, le Vieux-Québec en compte quelques uns, et tous beaux.

Personnellement, j’aime bien le Parc Dugas de Mons, assis dans une pente entre la terrasse Dufferin et la Citadelle, car c’est celui qui offre la plus belle vue et l’une des rares qui englobe le fleuve, la Terrasse Dufferin, l’Île d’Orléans, Lévis et le Vieux-Port. On peut se rouler dans l’herbe, pique-niquer l’été ou glisser l’hiver. On voit même le Moulin à Images depuis les marches qui mènent au chemin de ronde qui encercle la Citadelle et rejoint les Plaines.

Je n’ai même pas parlé du charme du Café de la Terrasse, de la lumière qui inonde la salle à manger du Café du Monde même en janvier, des fleurs devant le Parlement, des décorations de l’Hôtel de Ville, de Régis qui fait son jogging, des églises qui pullulent et pointent leur nez pointu vers le ciel, du CPE les Murmures qui ouvre sa cour pleine de jeux au grand public les soirs et la fin de semaine, au plaisir des jeunes résidents (à défaut d’y avoir une place pour mes enfants, je peux aller les y divertir en toute sécurité). En plus de tout ce que j’ai oublié. Vous allez devoir remplir les vides que j’ai pu laisser par votre exploration curieuse.

Je n’ai pas non plus de photos pour étoffer mon billet: allez-y, voir tout ça vous-mêmes. C’est la meilleure façon de découvrir ma vieille-ville: une bonne paire de chaussures, un sourire et l’oeil prêt à d’autres perspectives.

Ce fut un plaisir de partager mon Vieux-Québec avec vous. Je vous souhaite de bien belles découvertes!

xx
Sonia

Ma petite famille vous présente son Vieux-Québec

Ma fille Adèle, un an et demi:
«Moi, ce que j’aime le plus du Vieux-Québec, ce sont les parcs. On peut s’y rouler dans l’herbe l’été, et dans la neige l’hiver. Il n’y a jamais trop de monde pour courir comme on veut, et en plus il y a plein de surprises partout: des statues, des murets, des canons, des petits passages secrets, des gros arbres centenaires. On s’amuse beaucoup!»


Mon fils Cédric, trois ans:
«Moi, ce que j’aime le plus du Vieux-Québec, c’est les chevaux. Ils sont beaux, et ils passent en faisant «clac, cloc, clac, cloc!»: je les entends venir de loin! En plus, au parc à côté, il y a plein d’oiseaux et souvent des chiens, et des fois on voit des marmottes. Oui oui! Moi, j’aime ça les animaux!
Quand on va au parc à côté, on voit les bateaux: il y en a des gros, gros, gros! De l’autre côté de l’eau, c’est là que papa travaille. Quand on se promène, il y a des sculptures de glace et des drapeaux. On prend le funiculaire: c’est beau! On voit loin, et il y a plein de cheminées!»


Mon amoureux, Marc:
«Moi, ce que j’aime du Vieux-Québec c’est au petit matin, lorsque le soleil qui se lève éclaire les toits el la neige du parc des Gouverneurs. Le calme du début du jour où pendant un instant, tu n’es plus dans une ville, mais entre des murs sans âge d’où pourraient sortir des humains d’un autre temps.
J’aime l’odeur du Vieux-Québec. Le Vieux-Québec ne sent pas la ville: il sent la verdure, la vieille pierre et le pain de chez Paillard. J’aime les touristes qui marchent avec les yeux soit emerveillés vers le ciel, soit enfouis dans une carte. J’aime la rue Couillard oû il est possible d’éviter les promeneurs quand on est pressé. J’aime les musiciens et les amuseurs publics qui animent les rue. J’aime l’épicerie Richard sur la rue des Jardins, où tu croises en même temps un français qui demande c’est quoi une canneberge, un gars peint en or qui fait habituellement une fausse statue près de la rue du Trésor, un résident qui achète du lait et deux jeunes américains tout excités de découvrir qu’ils peuvent acheter de la biere à 18 ans, ici.»


Moi, Sonia, Duchesse du Vieux-Québec:
« Moi, ce que j’aime le plus du Vieux-Québec, ce sont les maisons. Elles sont comme les personnages d’un film: typées, romancées, pleines de caractère. J’aime leur austérité et leur couleur, leurs chapeaux de métal et leurs pierres centenaires. J’aime les contempler dans la lumière douce du matin ou en plein soleil l’après-midi, sous les gris nuages d’orage quand elles se chargent de mystère ou lorsqu’elles deviennent de roses Cités d’Or dans le flamboyant du soleil couchant.
Elles ont chacune leur personnalité: certaines sont austères, d’autres sympathiques. L’une est souriante, l’autre impose le respect. Charmante, nostalgique, hautaine, mélancolique, songeuse, gaie, lugubre, romantique, accueillante ou hantée, il y a autant de façons de les définir qu’il y a de maisons. Je ne me lasse pas de les rencontrer sur mon chemin.»

«Ouin, t’écris pas souvent!» Les robes de la duchesse du Vieux-Québec.

Duchesse du Vieux-Québec

Telle une maman réprobatrice qui attend des nouvelles de sa rebelle de fille partie au Cégep à l’autre bout de la province, vous aurez peut-être envie de me servir ce reproche, et je dois vous avertir tout de suite: ça se peut que je n’écrive pas très souvent.

Duchesse du Vieux-Québec

C’est que voyez-vous, loyaux sujets, votre duchesse du Vieux-Québec est une duchesse occupée. Je ne dis pas ça pour me vanter, TOUTES les duchesses ont une vie bien remplie, et je crois que c’est quand même tout à mon honneur que la mienne le soit à ras bord, mais ça me laisse peu de temps pour vous vanter mon quartier (par ailleurs fantastique) de toutes les façons, comme je souhaiterais ardemment pouvoir le faire.

Duchesse du Vieux-Québec

Je suis travailleur autonome dans le domaine du design de mode/ costume de scène et d’époque. Je suis également mère de deux super adorables bambins qui ne coopèrent pas toujours et qui ne sont pas du tout impressionnés par mon titre de duchesse. Je peux vous garantir qu’à l’heure de les mettre au lit, ma couronne ne m’est d’aucune utilité. Outre mon travail, mes obligations parentales et mon devoir de duchesse, je me suis enbarquée dans un projet super stimulant qui me dérobe un temps considérable: créer cent robes en un an, au profit d’organismes de charité. Vous voyez bien que même en me bourrant de Centrum Forte jusqu’à l’overdose, je n’ai jamais assez de 24 heures dans une journée!

Duchesse du Vieux-Québec

Tout ça pour dire que je vous fais aujourd’hui un petit post paresseux, ce qui devrait m’être généreusement pardonné pour les raisons mentionnées plus haut. Je vous livre une série de photos de mes robes, prises dans mon environnement naturel: le Vieux-Québec. Elles ont toutes été prises autour de chez moi, avec la plupart du temps quelques touristes interloqués qui me regardent depuis le coin de la rue, et parfois même un groupe guidé, qui demandent au guide ce que je fais.

Duchesse du Vieux-QuébecElles bénéficient du plus beau décor pour les mettre en valeur, un décor aux milles facettes, que l’on choisisse une ruelle un peu crade toute de tôle et de vieux béton sale, ou la somptuosité d’un parc qui surplombe les toits brillants.

De toute façon, c’est difficile de savoir où commencer pour vous parler du Vieux-Québec. Comme un banlieusard renfrogné dans cet historique dédale de rues, je me perds dans tout ce que mon quartier a à offrir. On pourrait penser que vous vanter le Vieux-Québec serait facile, mais c’est tout le contraire: tout a été dit sur ce quartier, tout le monde le connaît. Au point qu’ici, il est devenu cliché.

Duchesse du Vieux-Québec

Parce que oui, le Vieux-Québec est un endroit où il fait bon vivre! Je ne l’ai pas toujours pensé, mais la vie peut y être douce. Mon grand logement, sur une rue tranquille, me coûte le même loyer qu’un logement équivalent en surface de plancher dans Montcalm ou Saint-Jean-Baptiste (je le sais, j’en ai visité beaucoup).

Presque fusionné au Château Frontenac, non seulement je peux aller emprunter une tasse de sucre à Jean Soulard en bonne voisine d’en arrière, mais je suis en vacances dès que je passe le pas de la porte. Parce que c’est ça, le Vieux-Québec: se sentir le coeur léger comme un touriste en sortant de la maison.

Duchesse du Vieux-Québec

Se retrouver au coeur d’une foule de badauds qui traînent le pas nonchalamment, en admirant le décor, ça peut bien sûr être irritant lorsqu’on est pressé, mais on s’habitue vite à se faufiler, et la plupart du temps c’est agréable d’être parmi des gens qui sont détendus et de bonne humeur.

Dans le pire des cas, on se défoule en prenant un accent bizarre pour engueuler les gens et on passera pour un étranger qui ne sait pas vivre. On finit par se faire au rythme des touristes et des flâneurs. On joue au touriste: on sourit, on ne regarde pas où on va, on ralentit le trafic.

Duchesse du Vieux-Québec

Mes enfants ont le parc du Cavalier du Moulin, le parc Dugas-de-Mons et le parc du Jardin des Gouverneurs comme cour arrière. Si ce n’est pas assez grand pour assouvir leur envie de courir, les Plaines d’Abraham ne sont pas loin non plus.

Dans le Vieux-Québec, certaines habitudes de vie sont différentes d’ailleurs. Il faut regarder des deux côté avant de traverser, parce qu’une calèche peut arriver. On se retrouve souvent en train de dépanner des touristes perdus qui consultent leur carte au coin de la rue.

Duchesse du Vieux-Québec

Quand le premier coup de canon sonne, je sais qu’il est midi sans regarder l’horloge. Au second coup, si les enfants ne sont pas encore au lit, ça commence à être plus que temps: il est 21h30.

Il y a du bruit, comme partout, mais plus de musique, d’amuseurs publics, de trompettes de carnaval et de cloches d’églises que de sirènes de police ou de chants de tondeuses. Ce n’est ni la banlieue, ni la ville. C’est le Vieux-Québec, voilà tout.

Duchesse du Vieux-Québec

D’une certaine façon, pourtant, chaque duché se retrouve quelque part au détour d’un trottoir, dans le Vieux-Québec. Parce que vous ne le savez peut-être pas, mais mon duché a pas mal de petits coins secrets, cachés sous ses remparts de pierre âgés…

Non, mesdames et messieurs, le Vieux-Québec n’est pas un décor pour touristes hanté par quelques rabat-joie qui n’ont pas d’autre loisir que de vouloir la mort du RedBull ou du Moulin à Images. Le Vieux-Québec n’est pas un repaire de riches américains qui l’habitent deux heures par année.

Duchesse du Vieux-Québec

Le Vieux-Québec n’est pas un château-fort de l’aristocratie, peuplé de têtes blanches qui boivent du thé en ronchonnant contre le bruit des sabots qui martèlent les pavés.

Le Vieux-Québec abrite entre ses murs des jeunes, des artistes, des familles. Des gens de la classe moyenne qui ont choisi, eux aussi, de rendre vivante la carte postale. Des gens comme vous et moi. Des gens qu’il faut convaincre d’y rester, pour éviter qu’il ne devienne un décor vide, sans âme…

Duchesse du Vieux-Québec

Je vous le vanterai et vous le vendrai en idées. Bientôt, vous chercherez à devenir mes voisins. D’autant que je fais des maudits bons biscuits orange et chocolat…

Pour en savoir plus sur le Projet 100 Robes, visitez www.100robes.com

Photoroman de la duchesse du Vieux-Québec

Photoroman duchesse vieux-québecCliquer sur la photo pour voir le photoroman

Duchesse du Vieux-Québec 

Profession, hobbies :
Designer de Mode. Présentement plongée jusqu’au cou (avec bonheur) dans un projet que j’ai créé de toutes pièces: le Projet 100 Robes, un délirant défi qui consiste à créer cent robes en un an, dans le but de les vendre aux enchères à la toute fin et de remettre les profits à dix organismes qui ont été élus par le public. J’adore aussi écrire, et mon projet idéaliste de création de robes se double d’un blog que j’ai beaucoup de bonheur à remplir de mots. Sinon… Voyager, mais je n’ai pas souvent les moyens. Avec deux petits mousses à la maison, ça raréfie les explorations de contrées lointaines, mais dès qu’ils seront propres et prêts, on s’y remettra, quitte à mendier en chemin. Quoi? ce n’est pas digne d’une duchesse? Bon, disons que je compterai rencontrer et côtoyer des gens pleins de fric et influents grâce à mon nouveau titre de noblesse, et je deviendrai riche par osmose. Je vais voyager un jour, bon. Je me le promets!

Quel est votre couleur rose préférée ?
J’aime beaucoup le rose, et choisir une nuance en particulier est difficile puisque chaque rose a son usage propre, son occasion parfaite. Comme je suis designer, je vais m’en tenir au rose vestimentaire. Bien que fan finie du vieux rose, genre maison vénitienne ou rose anglaise, je ne peux le porter sans avoir l’air en phase terminale, alors je vais dire le rose framboise. C’est une couleur riche, pimpante, qui me va bien au teint. En plus, j’adore les framboises!

Quel est le meilleur film de princesse que vous ayez vu et pourquoi?
J’hésite entre Princess Bride et… Princess Bride, finalement. Si on parle de film de princesse, il faut une princesse qui y tient un rôle majeur. J’avais pensé à d’autres bons films, mais où les princesses sont en détresse ou peu présentes. Dans Princess Bride, c’est d’une véritable princesse courageuse et fière dont il s’agit. En plus, on retrouve dans ce film d’autres éléments qui valent le détour, comme d’affreux rongeurs surdimensionnés qui ont l’air archi-faux, le gars qui joue dans Criminal Minds (en Inigo Montoya: oui oui, c’est lui) et le Géant Ferré. Dans quel autre film de princesse on retrouve ça ? Je vous le demande.

Quelle femme représente pour vous la top des tops et pourquoi?
D’un point de vue «duchesse»? Madonna. Une femme qui, à force d’audace, de détermination, de talent et, avouons-le, grâce à un flair et un instinct pas croyables, a réussi à se projeter sur la scène internationale, à y rester et à inventer des scandales pour qu’on continue de parler d’elle. Une vraie de vraie reine! Elle fait de tout et frappe toujours dans le mille: une vidéo scandaleuse, un livre de sexe, un livre pour enfants, un film, une collection de vêtements, adopter, embrasser Britney, adopter et embrasser les enfants de Britney et en faire un film, tout y passe et tout lui réussit. À chaque fois, ça intéresse les foules. Bravo Madonna!

Vieux-Québec
En voyageant, je me suis souvent dit, en voyant ces lieux d’exception que sont Montmartre, Venise ou Corniglia en Cinque Terre: «Wow! Dire qu’il y a des gens qui ont la chance d’habiter ici». Et c’est vrai, ils en ont de la chance, parce que ce sont des endroits extraordinaires que l’on parcourt la moitié du globe pour voir de nos yeux.

Au moment de me trouver un nouvel appart’, j’ai visité plusieurs logements qui ne me convenaient pas, mais mon premier critère de sélection était la location dans la ville, puisque travaillant à la maison, je veux passer mes journées dans un bel environnement. Je n’avais honnêtement pas envisagé le Vieux-Québec, parce que je ne croyais pas qu’on puisse y trouver de logements assez grands pour accueillir une famille de quatre et un atelier de travail, et pourtant, il y en a un qui a fini par me trouver moi. On l’a tout de suite voulu, et c’est depuis ce jour que je rythme mes journées sur les coups de canon de la Citadelle et que mes promenades s’accommodent des calèches et des touristes qui se promènent le nez en l’air. Et vous savez quoi? C’est génial.

Génial parce que pendant que je me faufile au dépanneur entre les touristes qui prennent le temps d’admirer la vue, je me sens moi aussi en vacances, l’espace de quelques minutes. Chaque fois.

J’habite moi aussi un lieu d’exception. Les gens parcourent la moitié du globe pour voir ce que je vois chaque jour, en sortant acheter du lait ou en allant marcher. À chaque fois que je sors, j’y pense et je l’apprécie. Je n’y serai certainement pas toujours, un jour j’achèterai peut-être une petite maison ou un condo ailleurs, mais le temps que ça durera, je me ferai un point d’honneur à apprécier chaque regard sur ma belle vieille ville, ma carte postale. Notre famille fait partie de la carte postale, elle aussi, maintenant. Et mes enfants pourront en être fiers toute leur vie.