La revengeance des duchesses

Duchesses Carnaval Québec

Entrevue avec une vraie de vraie duchesse et reine !

J’ai eu la chance de rencontrer une vraie de vraie duchesse du Carnaval, Claudie Bérubé, qui a été couronnée reine en 1992. Vous pourrez tout tout tout connaître de la vraie vie de duchesse grâce à celle qui été une des premières duchesses modernes de Québec, avant l’arrivée de la Revengeance en 2010. Et oui, Claudie 1ere était mariée lorsqu’elle était duchesse, un signe de sa modernité à une époque où il fallait normalement être célibataire pour participer à ce « concours ».

Dans ce temps-là, pour être duchesse, il fallait être jeune – 18 à 25 ans – jolie et avoir de la personnalité. Trois qualificatifs applicables à Claudie, qui était pourtant « vieille » lorsqu’elle a posé sa candidature : 24 ans!

Comme me l’a raconté Claudie, le processus de sélection était rigoureux : un long formulaire à remplir comme première étape, puis une série d’entrevues pour dénicher les meilleures ambassadrices du Carnaval. La dernière entrevue, élément ultime du processus de sélection, est celle qui a le plus marqué notre duchesse invitée : devant une salle remplie de gens d’affaires de Québec, les candidates avaient 30 minutes pour préparer un exposé de 10 minutes portant sur un sujet d’actualités prédéterminé.

Lorsqu’elle a été choisie pour être duchesse de Montmorency, Claudie a été couronnée par l’ex-duchesse du secteur, une cérémonie avec décor en carton-pâte et gâteau au crémage chimique : ce n’était pas encore le faste du Château Frontenac, où les sept duchesses étaient logées pendant toute la durée du Carnaval! Outre les cours d’étiquette et les essayages pour la constitution de sa garde-robe de duchesse, gracieuseté des Galeries de la Canardière (1992 fût une année difficile financièrement pour l’organisation du Carnaval…), c’est l’aspect humain et social de la fonction qui a le plus enchanté Claudie : les liens avec les autres duchesses, le rapport avec les bénévoles, les visites aux foyers de personnes âgées et aux hôpitaux pour enfants malades, etc.

Couronnée Reine du Carnaval 1992, Claudie est sortie grandie de cette aventure. Appelée à prendre régulièrement la parole et à faire la tournée des médias, elle a gagné beaucoup d’assurance. Bref, Claudie a énormément apprécié son expérience et elle en garde un souvenir mémorable. Même si, au départ, elle s’était présentée comme candidate duchesse un peu par défi : elle voulait mettre du piquant dans sa vie un peu « sage » jusque là et souhaitait également « tester » le processus de sélection, qu’elle pensait possiblement arrangé… Son couronnement lui aura prouvé le contraire!

En terminant ma rencontre, je n’ai pu m’empêcher d’essayer d’avoir un scoop pour savoir qui se cachait derrière (ou dedans!) le Bonhomme. « Même nous, les duchesses, ne le savions pas! » Si Claudie ne connaît pas l’identité secrète de Bonhomme, Bonhomme lui connaît bien Claudie. « Aujourd’hui, Bonhomme me reconnaît encore! » C’est sans doute ça la « magie de Bonhomme »… ;)

Duchesse St-Jean-Baptiste

Bonhomme n’est pas le seul à se souvenir de Claudie 1ere. Elle me confiait qu’elle est encore reconnue de temps en temps dans la rue, même si elle a été reine il y a plus de quinze ans!

Et que pense l’ex-duchesse de la Revengeance des Duchesses? « C’est génial », selon elle. Elle trouve en effet que c’est une idée tout à fait pertinente qu’il y ait des ambassadrices (ou des ambassadeurs) pour faire connaître les différents quartiers de la ville, y partager l’esprit de la fête et promouvoir les activités qui s’y déroulent.

Longue vie à toutes les Duchesses!


Activité carnavalesque mondaine, pour duchesses seulement

Quand on est une duchesse, on apprécie les activités mondaines, alors même l’hiver, en période de Carnaval, on doit se trouver des passe-temps hivernaux stylés…

Trame sonore  par Madeleine Lachance : Rions, chantons, c’est le Carnaval!

Les produits dérivés de Bonhomme Carnaval … au temps jadis

Des cendriers, des bucks à bière et même une lampe-cendrier à l’effigie de Bonhomme! Tout ceci “made in Québec”, en véritable céramique de Beauce!

“Ahhh, c’était le bon vieux temps… Ce n’est pas comme aujourd’hui où les ceintures fléchées et autres babioles souvenirs de Bonhomme sont faites en Chine!” nous confiait récemment Paul B., collectionneur et fervent admirateur de notre cher Bonhomme.

Saint-Jean-Baptiste : Capsule Découvertes

Saint-Jean-Baptiste est rempli de coins méconnus. Je vous présente ici quelques attractions à découvrir!

Au fin fond de la rue Lavigueur, près de la rue Félix-Gabriel-Marchand, se cache un magasin d’équipement de plongée sous-marine! Les résidants du quartier disposent de tous les services pour leurs loisirs les plus fous!

Vous connaissez tous la Tour Martello des Plaines d’Abraham, mais qui connaît la Tour Martello no 4, sise sur la rue Lavigueur juste en haut de l’escalier Lavigueur, au coin de la rue Philippe-Dorval? Pour plus d’information sur cette tour consultez l’excellent article de Nicolas Roberge

En empruntant la rue Claire-Fontaine, vous pourrez découvrir l’escalier pour chats seulement (!), tout près de la rue Burton.

Qui a dit que St-Jean-Baptiste n’était pas approprié pour les enfants? Le Parc Scott, au coin des rues Scott et Saint-Gabriel, fera votre bonheur : reclus de l’intense activité de la rue St-Jean, il est parfait pour les enfants du quartier!

L’église St. Matthew, aujourd’hui bibliothèque municipale, est un secret bien gardé. Beaucoup connaissent le cimetière St-Matthew, très agréable pendant la saison chaude, mais peu osent entrer dans cette perle néo-gothique très bien conservée grâce à sa nouvelle fonction. Votre duchesse apprécie grandement sa tranquillité

La plupart des résidants de Québec connaissent l’épicerie J.A. Moisan, reconnue comme la plus ancienne épicerie d’Amérique du Nord, mais peu font attention à tous les détails dispersés dans le commerce, qui en font presque un petit musée. La prochaine fois que vous irez faire provision de fromages, d’épices ou d’huile d’olive fine, regardez bien autour de vous, vous découvrirez de merveilleux petits trésors. Pour découvrir J.A. Moisan sans vous déplacer (et sans dépenser!), découvrez ce reportage de Radio-Canada

Saint-Jean-Baptiste : Capsule Histoire

Férue d’histoire, j’ai pensé vous proposer un petit parcours dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, à travers le nom de certaines de ses rues.

Commençons par la plus célèbre rue du coin, aujourd’hui havre des disquaires et des librairies d’occasion, la rue Saint-Jean. Nommée ainsi depuis le XVIIe siècle, la rue Saint-Jean doit son nom à l’arpenteur et ingénieur Jean Bourdon. Ce dernier avait tracé un chemin menant de la ville de Québec d’alors (secteur du Vieux-Québec d’aujourd’hui) à son « fief Saint-Jean », chemin qui deviendra la rue Saint-Jean.

Juste en bas de la rue Saint-Jean, se trouve la rue d’Aiguillon, là où les fenêtres des appartements « shakent » à chaque passage du bus 7. Nommée vers 1792, le nom de la rue d’Aiguillon vient de Marie-Madeleine de Vignerot (1604-1675), duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu et dame de compagnie de Marie de Médicis, la femme d’Henri IV. Bienfaitrice des missions de Nouvelle-France, c’est elle qui a financé la fondation de l’Hôtel-Dieu de Québec en 1637 et qui a payé le voyage des trois premières religieuses de l’ordre des Augustines qui prennent la responsabilité de l’hôpital en 1639. La rue d’Aiguillon est encore aujourd’hui le chef-lieu de la Duchesse D’Aiguillon, cette fois-ci le dépanneur le mieux fourni du coin en bières de microbrasseries.

Le quartier Saint-Jean-Baptiste étant constellé de côtes, j’en ai choisi deux parmi celles que j’emprunte fréquemment. Tout d’abord la côte Sainte-Geneviève, qui relie la côte d’Abraham à la rue Saint-Jean, doit son nom à Charles-Amable Berthelot Dartigny, qui aurait donné ce nom à la côte en l’honneur de sa femme, Geneviève Bazin, à la fin du XVIIIe siècle. Cette Geneviève était donc elle aussi une femme adulée, comme vos chères duchesses!

Ensuite, très agréable été comme hiver et réservée aux piétons, cyclistes et enfants en luge, la côte Badelard, qui relie la rue Arago dans Saint-Roch à la rue Lavigueur. Philippe-Louis-François Badelard (1728-1807) était chirurgien major pour le régiment de Berry, avec lequel il se rend à Québec et où il s’établit après la Conquête. Il y est devenu un chirurgien réputé et a notamment écrit un des premiers textes médicaux parus au Canada. Autrefois dénommée côte de la Négresse, la côte Badelard menait à une partie du quartier surnommée « le coin flambant » en raison de la prostitution qui y avait cours au 19e siècle. Une tenancière de race noire aurait alors résidé juste au coin de la rue Richmond, aujourd’hui rue Lavigueur.

Soleil sur les toits, rue Richelieu à Québec, par l’artiste Simone Hudon. Estampe publiée dans l’ouvrage Au fil des côtes de Québec (1967).

*Votre duchesse a consulté le Répertoire des toponymes de la ville de Québec pour vous raconter cette belle histoire. Pour découvrir l’histoire du nom des rues de

www4.ville.quebec.qc.ca/toponymie_repertoire/denominations.shtml

Duchesse de Saint-Jean-Baptiste

Profession, hobbies :
Je suis une faiseuse de listes, une concocteuse de tartes aux pommes et une amoureuse de l’art. Mes passe-temps préférés sont monter et descendre des escaliers, rire des blagues de mon chum, aimer le soleil d’amour, manger des cupcakes et tangoter par-ci par-là.

Quelle femme représente pour vous la top des tops et pourquoi?
Une seule top? Difficile, il y a tant de tops en ce monde. Mon Top 10 des tops :

- Marylin Monroe : belle, intelligente, secrète.

- Betty Draper/Francis : elle sait porter le chignon.

- Jackie Kennedy : la classe en tout temps.

- Madonna : vous avez vu ce corps à 50 ans?

- Sarah Jessica Parker : ses 353 paires de chaussures.

- Nathalie Portman : une actrice immense.

- Phoebe Buffay : l’excentrique parmi toutes.

- Hillary Clinton : la femme DEVANT l’homme.

- Nelly Arcan : un talent immense, malheureusement éteint.

- Michelle Obama : elle a tout. La classe, l’intelligence, l’attitude.

Talent caché :
Avoir l’air snob (on est duchesse ou on ne l’est pas!)

Que seriez vous prête à faire pour devenir LA Reine
Je serais prête à me battre dans un duel du lancer de la couronne, à faire une compétition de Munchkin ou un tournoi de poches et même à participer à une course du 500 mètres en talons hauts!

Saint-Jean-Baptiste :
le seul quartier où vous pouvez, dans un rayon de 50 m2, vous prélasser dans un cimetière, bouquiner dans une église et voir un show de drag queens!

Saint-Jean-Baptiste, c’est le quartier idéal pour apprécier Québec et ses atouts.  Quand tu y vis, tout est à 10 minutes de marche ou de marches… d’escalier : le resto, le café, l’épicerie, le théâtre, la banque, la bibliothèque, les lieux d’exposition, alouette. Vaut en effet mieux être adepte de la marche, parce que trouver du stationnement dans le coin, ce  n’est pas de la plus grande des facilités!

Saint-Jean-Baptiste, c’est d’abord une faune éclectique de résidants : des musiciens barbus et des jeunes couples branchés, des musiciens branchés et des jeunes couples barbus, des familles à vélo, des célibataires en 4×4, des retraités et des bébés en quantité et en qualité. Mon quartier a aussi son lot de célébrités : Sylvain, l’artiste qui égaye la rue Sainte-Claire, Pierrot Vélo, Lili la patronne du Fou Bar au rire contagieux.

Mais c’est aussi des escaliers partout, des sens uniques encore plus partout, des fils électriques de bord en bord, des trottoirs impraticables l’hiver, des trottoirs impraticables l’été, des réparations à tous les coins de rue, de superbes petites cours cachées derrière les façades, des touristes qui demandent leur chemin à des touristes, des dépanneurs en surnombre.

Saint-Jean-Baptiste, le quartier où seuls les touristes marchent sur les trottoirs, où des affiches de « Chat perdu » apparaissent sur les poteaux électriques à toutes les trois heures, où il y a la plus forte concentration de coops d’habitation au mètre carré. C’est aussi le quartier du meilleur côté de la fameuse rue Saint-Jean où vous ne trouverez pas de boutiques vendant des ceintures fléchées « made in China ». Mais vous découvrirez plutôt que les magasins de disques usagés ne sont pas encore tous morts et qu’une caissière qui vous demande des nouvelles de votre chat ou de votre petit dernier, ça existe!

Habitant tout près de la rue Sainte-Claire, affectueusement surnommée « Sainte-Claire la venteuse », je peux assister à tous les événements rassembleurs de Québec, tels que la Marche des patriotes, le 23 juin de chaque année, quand des hordes de banlieusards débarquent de leur quartier tranquille en traversant le quartier pour aller festoyer sur les Plaines.

Je suis honorée de représenter ce magnifique et hétéroclite quartier comme duchesse de Saint-Jean-Baptiste. Votez pour moi en grand nombre, je porte si bien la couronne! Et, surtout, lors de votre prochain tour « en ville », n’hésitez pas à venir découvrir tous les charmes de la vraie vie en ville!