La revengeance des duchesses

Duchesses Carnaval Québec

Parce que, pour vous, je serais prête à tout!

LES LIMOULOIS PURS ET DURS

Grâce au projet fou de la Revengeance, j’ai eu la chance de rencontrer des gens extraordinaires. Des gens de tous les horizons, des gens de toutes les passions. Ceux qui m’ont le plus ébranlée sont les Limoulois, les purs et durs, les convaincus, les convaincants. J’ai rencontré ceux qui parlent fort en levant leur verre, et ceux qui ne parlent pas mais qui évoquent la grandeur de leur attachement à ce fief qu’ils aiment tant. Moi qui adore mon quartier sans retenue, je me suis toutefois sentie bien modérée devant la grandeur des émotions de ceux que j’ai rencontrés. Je croyais être une extrémiste, mais en fait, je ne suis qu’une toute petite voix.

Une belle rencontre, purement virtuelle, fut avec Louise. J’ai découvert une femme, une artiste, mais surtout une citoyenne amoureuse de son quartier. C’est d’ailleurs avec bonheur que j’ai appris qu’elle écrivait des textes sur Limoilou, vibrant de sincérité…

À la lecture de ses petits chefs-d’œuvre littéraires, il m’est apparue évident que je devais partager avec vous l’un d’entre eux en particulier. Avec l’accord de Louise, je vous partage donc ce témoignage d’une vie qui prend racine dans notre quartier adoré. Parce qu’en fait tout est là, dans le partage, dans le rassemblement, dans notre Limoilou chéri.

Laissez-vous transporter par les souvenirs, les images, les odeurs, les sons… Bon voyage dans le temps !
Votre Duchesse

© Louise Sanfaçon 2006

SOUVENIRS DE LIMOILOU

Par Louise Sanfaçon

Une nuit, je tenais la main de mon père, étendu inconscient sur son lit de l’hôpital St-François d’Assise. Après une longue et pénible maladie, je le regardais partir le cœur brisé. Dans Mon Limoilou, il n’y avait pas eu meilleur homme. Papa m’avait appris la bienveillance, la tolérance, la générosité et le respect, la passion de l’art, l’indépendance d’esprit.

À son chevet, je me souvenais de Son Limoilou. Je me souvenais combien il aimait aller chaque année, au mois d’août, à l’Exposition provinciale de Québec pour assister aux concours des animaux de ferme. Je me souvenais combien il aimait nous emmener, ma mère et moi, aux spectacles du cirque «Ringling Bros and Barnum & Bailey» et aux spectacles de patinage artistiques «Holiday on Ice» au Colisée. Je me souvenais des samedis matins en famille au centre d’achat Fleur de Lys, en décembre, pour me faire prendre en photo avec le Père Noël. Puis, nous nous arrêtions au beau magasin de jouets Kirouac sur la 3e Avenue, où je pouvais choisir l’un de mes cadeaux. 

Je me souvenais du sous-sol de la maison de ma grand-mère paternelle, que mon père et moi avions réaménagé, repeint, tapissé, pour en faire un petit salon d’autrefois. Mon père y avait installé le gramophone de son enfance et nous écoutions ensemble ses vieux 78 tours préférés. Je me souvenais des délicieuses framboises qu’il avait plantées le long de la clôture de la cour. Je me souvenais des nombreux chats abandonnés du quartier qu’il avait rescapés, nourris, soignés et placés en adoption chez de bons voisins. Tant de souvenirs avec mon père s’ancraient dans Limoilou.

Pendant sa maladie, le Domaine de Maizerets – situé derrière le boulevard Montmorency – était le seul endroit au monde où je trouvais un peu de réconfort et de paix. Entre mon travail, les traitements à l’hôpital et les soins à la maison, j’errais chaque jour dans les 27 hectares de marécages et de sentiers, peu importe la saison, peu importe le temps. J’y ai vu grandir plusieurs familles de canards, j’y ai écouté avec délectation la douce litanie du rrourrrourrrou des grenouilles de l’étang sous la pluie, j’y ai observé attentivement le comportement territorial des carouges à épaulettes à la fin de l’hiver, j’y ai vu des jaseurs des cèdres se gorger de petits fruits jusqu’à l’ivresse en été, j’y ai respiré à fond le parfum envoûtant de la roseraie, je me suis liée d’amitié avec quelques très vieux arbres. 

Le Domaine de Maizerets, abandonné pendant plusieurs décennies, renaissait et débordait de vie. Une abondance chaotique, d’un vert électrisant, régnait dans ses sous-bois inondés.

Marcher dans les sentiers du domaine m’extirpait un moment de la fatalité inéluctable de la mort, qui fermait un peu plus chaque jour sa poigne sur mon père.

Mon Limoilou : j’ai grandi dans ses maisons, j’ai appris dans ses écoles, j’ai joué dans ses ruelles, j’ai marché dans ses parcs, j’ai souffert dans son hôpital, j’ai pleuré mes disparus dans son église. Je me suis baignée dans ses piscines municipales. J’ai dévoré le cinéma de répertoire dans son célèbre et regretté cinéma «La Boîte à film» sur la 3e Avenue. 

Si, aujourd’hui, mon âme et mon cœur sont ailleurs, mes racines s’enfoncent à jamais dans Mon Limoilou. On a beau me dire que je suis venue au monde comme tout le monde (ou presque) dans un hôpital, j’ai vraiment l’impression d’avoir émergée de l’une des innombrables fissures des trottoirs du quartier, au milieu des mauvaises herbes foisonnantes de l’été, au milieu des futuristes hangars de tôle rouillée, au milieu des cordes à linge battant au vent dans les ruelles, au milieu des discrets fantômes Iroquoiens.

Limouloise jusqu’à la substantifique moelle,
Limoulouise

ACSA

Je vous présente cet organisme de manière humoristique, mais il n’en demeure pas moins que je vous invite à consulter leur site Internet. Comme je suis une passionnée des animaux, et comme les chats font partie intégrante de notre quartier, je ne pouvais pas passer à côté…

LA BASTRINGUE

Comme j’ai toujours eu un groooooos faible pour les tuques, et aussi pour faire un clin d’oeil au Carnaval et ses vieilles tounes que j’aimais tant, je vous offre un petit montage juste pour sourire. En prime, vous pouvez jouer à: Trouve combien y’a de tuques différentes, pis té bon!

ANECDOTE DU POUVOIR #2

Un matin très froid, je sors du bâtiment d’une station-service où je viens de payer mon essence. Comme je traverse le stationnement, un gars dans sa voiture avec du Loco Locass dans le piton (un signe?), passe à deux cheveux de me renverser car il roule à toute vitesse.

Moi: Ey le malade!!!
Lui: C’est toé qui regarde pas où tu vas!
Moi: Euh, t’as rien qu’à rouler moins vite!
Lui: T’as rien qu’à marcher moins lentement!
Moi: EYYYYY! Sais-tu seulement qui tu viens de passer proche de tuer?
Lui: …
Moi: La Duchesse de Limoilou!!!
Lui: HEIN? Té dans les journaux à matin! AYOYE c’est ben hot! (Poignée de main.)
Moi: …
Lui: Ben scuse moé là! Pis bonne campagne! (Pour lui-même:) La Duchesse de Limoilou… Essssssti! Hahaha est bonne! (Et il entre dans le bâtiment.)

Morale de l’histoire: le STATUT et le POUVOIR peuvent souvent sauver la face de n’importe qui!

ANECDOTE DU POUVOIR #1

Voici une anecdote véridique que j’ai vécue en sortant du Cercle, suite à l’ouverture officielle. Pensez que j’ai la couronne tricotée sur la tête, mon collet de fourrure de léopard dans le cou, mon manteau fashion mauve sur les épaules et mon sac sport rempli de couteaux et d’une hache ayant servi pour ma démonstration.

Un homme avec un manteau à strippes fluos et lunette fond de bouteille, portant une tuque beaucoup trop grande et ayant un air louche s’approche de moi.
- Vous êtes belle madame!
- Merci, je suis la Duchesse de Limoilou.
- Vraiment! Quel honneur! Elles sont revenues?
- Mais si, on a décidé de faire revivre les Duchesses avec ou sans le consentement du Carnaval monsieur! Et moi, je suis la Duchesse de la Guerre!
- Ahhhhhh! Bravo! Quelle belle initiative! Moi ma vie a basculée et tout s’est mis à chier justement le jour où ils ont enlevé les Duchesses… Alors BRAVO là! BRAVOOOOO!!!
Et il poursuit son chemin en continuant à se parler à voix haute des Duchesses.

Comme quoi une Duchesse a énormément de POUVOIR! Elle peut détruire une vie, ou toujours redonner de l’espoir autours d’elle (et juste au cas où, je peux aussi abréger les souffrances!).

LES GALERIES DE LA DUCHESSE

Plusieurs raisons d’ordre sentimentale ou pratique peuvent pousser des gens à être séduits par un quartier plutôt qu’un autre. Une architecture élaborée,  des espaces verts en quantité ou encore des services à proximité… Pour ma part, lorsque je suis tombée en amour avec Limoilou il y a de cela 10 ans, ce fut essentiellement pour ses galeries, je l’admets.


Étrangement, depuis très longtemps, j’ai toujours été fascinée par les galeries. Alors que les portes m’angoissent et représentent une froideur, une fermeture sur un inconnu qui pourtant m’appelle, les galeries et leurs escaliers, pour leur part, me donnent l’espoir d’une ouverture et d’une aventure possible.

C’est donc dire qu’à Limoilou, j’ai été choyée. Par cette profusion de galeries diversifiées, toutes les portes me sont soudainement apparues plus accessibles, plus accueillantes, et surtout, plus vivantes.

Il me semble en effet que chaque galerie a son histoire à raconter. Cette histoire peut être technique en fonction de la forme privilégiée ou des matériaux utilisés.  Elle peut aussi être historique en raison du style choisi, ou encore du quartier où la galerie a été aperçue. Mais cette histoire est très certainement humaine, sans l’ombre d’un doute…

En contemplant tes galeries Limoilou, je suis envahie de questions. Combien de conversations? Combien de fous rires? Par quelle température? Par quelle circonstance? Combien de ruptures? Combien de moments de détente? Qui t’a foulé de ses pas? Quel chat s’est arrêté là?

Limoilou, tes galeries m’obligent à ralentir le rythme effréné de mon existence, à m’arrêter même, et à me questionner sur les gens qui t’habitent. Tes galeries me rappellent que, même si elles sont vides au moment où je les contemple, elles sont pleines d’existence et pleines de sens. Tes galeries me donnent envie d’être avec ceux que j’aime pour profiter de la vie, tout simplement.

Limoilou, je ne te le dirai jamais assez, merci… pour tes galeries!

Duchesse de Limoilou

Profession : OUI!
Hobbies :
Collectionner les tuques parce que l’hiver c’est long et aussi parce que ça donne du styyyyyle, relaxer ma vie dans mon hamac en comptant les « tis-pits-pits-bruns-toutes-pareils » pour m’endormir parce que c’est facile, prendre en photo les 11 cordes-à-linge remplient de mes voisins parce que c’est cool!
Autres : L’intérieur d’un kiwi, c’est beau en titi!

Quel est votre couleur rose préférée :
Vieux rose. Il me semble que quand je ferme les yeux, je vois tout de suite apparaître des « paparmanes », et aussi les robes des années folles avec des plumes blanches, des chevaux blancs, des perles, de la dentelle… Bref, ça évoque des souvenirs que j’ai pas vécus pantoute, pis j’aime ça!

Quel est le meilleur film de princesse que vous ayez vu et pourquoi?
Moi je dirais Ratatouille. Je sais que c’est pas un film de princesse, mais ça aurait pu… et puis j’aime la cuisine! Mais si je suis obligée de répondre, je dirais Aladin parce qu’il est vraiment sexe et parce que Jasmine a l’air vraiment confortable dans son pantalon bouffant. Ah oui aussi parce que j’aimerais ça avoir un tigre et faire du tapis volant.

Talent caché:
Je suis chanceuse car j’en ai plusieurs tels que :
- Crier « MINOU! » de toutes mes forces en public sans décrocher.
- Mimer les tounes de Vincent Valllières du début à la fin sans me tromper.
- Avoir des fous rires in-ter-mi-nables quand c’est pas le temps.
- Bénéficier de cordes vocales parfaites pour crier dans un porte-voix
- Être en mesure de classer mon armoire de plats de plastique en ordre croissant (j’en ai vraiment beaucoup des plats de plastique, et je peux vous fournir une photo si vous ne me croyez pas!!!).

Limoilou.

L comme dans libre. Libre de te parcourir de long en large, d’aller où bon nous semble, quand bon nous semble, dans tes coins et tes racoins, tes rues et tes ruelles, tes bacs à compost et tes poubelles!

I comme dans inspirée. Inspirée par tes cours arrière, tes escaliers en colimaçon, tes immeubles de briques et tes galeries vivantes, remplies de chaises de parterre.

M comme dans marché. Tes supermarchés diversifiés, tes marchés aux puces en plein été, sans oublier tes dépanneurs qui « marchent » 24 heures sur 24, et sur qui on peut toujours compter!

O comme dans oser! Oser être différente avec tes gens de toutes les ethnies, de toutes les nations, tes quartiers si différents, tes « clashs » de génération, bref dans toute tes contradictions!

I Comme dans tous ces beaux mots de la langue française qui commencent par « i » et qui te ressemble : inhabituelle, ingénieuse, inédite, inébranlable, idéaliste, imagée, imaginaire… sans oublier IZABELLE!

L comme dans loisirs. Avec tes bibliothèques, tes nombreux parcs en plein air et tes centres communautaires : on ne s’ennuie pas chez toi Limoilou! On bouge, on s’instruit, on crée, on joue… en un mot on vit!

O comme dans oeil. Malgré ton côté urbain et un peu rebelle, tu nous surprends avec ta nature, tes animaux et tes oiseaux. Il faut constamment ouvrir l’œil pour apprécier tous tes cadeaux. Un peu partout, mais surtout au Domaine Maizerets, on te contemple, on te porte en respect…

U comme dans unis. Unis autour d’une bonne bière au Bal du Lézard, unis en écoutant la
musique du festival Envol et Macadam, unis dans un bon resto de la 3ème avenue… Unis, entre amis, pour la vie, youpiiiii!

(Après la lecture de ce texte, j’avais pensé brûler une brassière, mais quelqu’un m’a dit que cela avait déjà été fait. Donc je propose qu’on fasse un « tchin-tchin » géant avec tous ceux présents.)