La revengeance des duchesses

Duchesses Carnaval Québec

Le roi de Québec et ses hivers.

Extrait du prologue

“Les deux temps de ma vie m’ont appris qu’il existe plusieurs hivers. Après tout, je suis né avec un premier hiver et je suis tombé avec deux autres un soir d’automne confus. Un temps, marqué par un contretemps, se résume ainsi.

La fin du contretemps, non sa solution, présagea sans surprise, avec les inconnus des lendemains cependant, l’horreur et la violence de l’autre temps. C’était programmé et gravé en moi.

[…]”

Mon rôle de duchesse a pris tout son sens hier. J’ai été émue comme rarement hier.

Bien que je ne le connaisse pas personnellement, François (nous tiendrons son nom de famille secret à sa demande), un fier résident de Ste-Foy, me soutien dans ma campagne, via le groupe facebook que j’ai créé. Il m’a raconté son histoire et ce qu’il m’a confié, m’a complètement bouleversé.

François est atteint d’une maladie (dont il préfère que l’on taise le nom) qui lui a fait perdre petit à petit l’usage de ses bras et de ses jambes. Il se déplace en fauteuil roulant. Il a appris à utiliser un logiciel de reconnaissance vocale à la fois pour naviguer et communiquer sur Internet que pour écrire dans un traitement de texte. Comme il est un homme de défis, François s’est lancé dans l’écriture d’un roman, qu’il a terminé au début du mois de janvier après un peu plus de 245 pages. Si tout va bien, le livre devrait paraître au début du mois de mars. Comment ne pas avoir d’admiration pour cet homme!
Voici un extrait de l’entrevue que je réalisé avec lui:

D’où est né ton goût pour la littérature?

Au plus loin que je me souvienne, c’est d’abord le livre qui m’a intéressé. L’objet. Mes parents ayant tous deux été professeurs de français, il y avait toujours un livre qui traînait sur la table on qui faisait régulièrement son apparition dans la grande bibliothèque familiale. Les couvertures attiraient mon attention. J’adorais escalader la bibliothèque pour en découvrir de nouvelles !

Mais bien honnêtement, malgré mon goût pour la lecture qui s’est développé, je n’ai jamais été un grand lecteur. Je me suis néanmoins inscrit en lettres au cégep, puis en littérature française à l’Université Laval. Un cheminement normal, dans la continuité, sans toutefois que mes parents m’y poussent. Mais la jeunesse étant faite de découvertes, de désillusions et de confirmations, j’avais voyagé en Europe à l’âge de 18 ans, à la fin de la première année de cégep, puis à la fin de celui-ci. La géographie m’ayant elle aussi toujours attirée – dans les livres, on voyage –, j’ai abandonné la littérature française pour la géographie, et finalement l’urbanisme à la maîtrise.

Comment ta maladie a-t-elle évolué au point de perdre l’usage de tes membres?

Ce que j’ai nommé l’hiver de tête dans mon roman s’est manifesté en moi au mois d’août 1995 ; des taches blanches ont été identifiées par un médecin et ce, deux semaines avant de partir à Prague pour une année universitaire. J’avais 22 ans. Après le cataclysme de la nouvelle, j’ai mené une vie normale. Mais la tempête s’est levée en 2000. Lentement, mais rapidement à l’échelle d’une vie, j’ai perdu graduellement l’usage de mes membres ; plus de difficultés à marcher, à écrire, soit avec un crayon ou à tapoter sur le clavier d’un ordinateur. Surtout à partir de 2007. De la marchette je suis passé au fauteuil roulant.

As-tu pensé de ne jamais pouvoir écrire à nouveau?

Oui, que ce soit à partir du le clavier ou de la souris qui semblait me fuir. C’était désespérant. À la fois pour naviguer sur Internet, qu’écrire des courriels ou sur mon blogue – abandonné en 2008 après cinq années. Ça me demandait beaucoup d’efforts. Ça m’épuisait.

Tu viens de terminer l’écriture d’un livre …

Le 15 janvier dernier, après deux années, après 245 pages, j’ai terminé l’écriture de « Tant d’hivers », mon premier manuscrit qui je l’espère, deviendra livre après l’envoi aux maisons d’édition. C’est ce qu’on appelle une autofiction. Une autofiction d’hivers et singulière, comme je me plais à la nommer.

J’ai toujours été amoureux de l’hiver. De l’hiver de froid d’abord, puis de l’hiver de mots. Le livre raconte des hivers à travers les maisons où je les ai vécus, à travers mes yeux dans la forêt et dans le champ de la Maison Blanche, la maison familiale. Il y a aussi les hivers de froid de ceux qui les ont vécus et affrontés, les ayant pris de front. Ce sont mes grands-pères. Il y a aussi un hiver de froid plus tempéré vécu à l’étranger. En Tchécoslovaquie plus exactement, à l’âge de 20 ans. Et finalement, mon hiver de tête.

Enfin… C’est compliqué. Il faudra lire mon roman ! Dans mon prologue, j’ai écrit : « Il y a tellement d’hivers en moi, de toutes natures. Tant d’hivers que je dois les raconter. »

Tu seras le premier au Québec à écrire un livre en utilisant le logiciel de reconnaissance vocale …

Sauf erreur, oui. J’en ferai certainement la promotion, afin de démontrer aux personnes vivant un handicap que celui-ci amène certes des deuils, des limites, que la vie telle qu’on l’avait espérée n’est peut-être pas possible, mais qu’on peut s’affranchir, s’épanouir et se donner un peu d’autonomie. Avec ce logiciel, je peux non seulement écrire, mais naviguer sur Internet, envoyer des courriels, configurer l’ordinateur, etc. Bref, ma parole remplace mes doigts et mes mains.

Quel est ton désir en publiant ce livre?
Je voulais réaliser beaucoup de choses dans ma vie. Ce sera en vain. Parfois j’ai l’impression ne pas avoir vécu les hivers que je raconte. En écrivant ils revivent.

Quel est ton plus grand souhait pour l’avenir?
Guérir évidemment.

Et pourquoi t’intéresses-tu au projet La Revengeance des duchesses ou pourquoi supportes-tu la duchesse de Ste-Foy ? ;)

Pour les nostalgiques dont je ne fais pas partie, la ville de Sainte-Foy a été avalée par la ville de Québec. Par humanisme, appuyer la duchesse de Sainte-Foy est pour moi de mettre un baume sur les plaies de ceux qui n’en sont pas guéris aujourd’hui. Puis la vie a rappelé leur reine il y a quelques années. Le duché de Sainte-Foy a droit à une nouvelle reine ! À plus forte raison cette année : elle est allumée, créative !

Je laisserai sous peu mon rôle de duchesse. Mais le sourire de François sera toujours pour moi, un sourire royal. Dans l’hiver, dans l’adversité, il avance. François le grand homme, François l’auteur, François le roi!

post 13!

On a déjà presque terminé le tour de Lévis, version raccourcie!… Je te fais donc continuer ta route sur la rue Saint-Joseph, jusqu’à ce qu’elle devienne Saint-Laurent. Devant toi va alors se dessiner une grande tour blanche : c’est la vie. Bon ça peut te sembler confus, mais je vais t’expliquer !

Duchesse de Lévis

Tu vois l’espèce d’hélice qui tourne tout en haut ?… Bon et bien c’est le même principe que ces boîtes à musique que tu « crinques » pour qu’elles chantent ou ces robots qui, lorsque tu tournes la manivelle, s’activent jusqu’à ce que le mécanisme s’arrête. Bien, c’est exactement la même chose qui se produit ici : cette tour, c’est elle qui fait tourner la terre et fait en sorte que la vie continue partout dans le monde; elle est reliée au centre de la Terre. Au-dessous d’elle, il y a « L’ingérable » Pub Urbain de Lévis qui est, sans aucun doute, très chouette, mais encore plus lorsqu’on sait que c’est eux qui veillent au bon fonctionnement de la tour et qui s’occupent d’activer le mécanisme avant qu’il ne s’arrête. Tu vois que Lévis c’est bien plus que tu pensais ! Allez, va voter !

Duchesse de Lévis

OBV – Homme non-identifié

Juillet. Festival OFF. 4e Rendez-vous des publications parallèles.

 

OBV est là, devant le kiosque de Baltrakon. Ce n’est pas à lui que je veux parler, mais il est là. Sympathique, généreux et timide à la fois, il me renseigne qu’il surveille le kiosque de ses amis pendant quelques minutes, mais que le sien est celui juste à côté.

 

À son kiosque, il y a toutes sortes de curiosités, de trouvailles précieuses. Il est quoi au juste? Illustrateur, dessinateur, écrivain, couturier, designer, voyageur? Ma curiosité allait m’apprendre quelques minutes plus tard qu’il est tout ça (et plus!) et que tous les objets sur sa table (fanzine, dessins, sac urbain, etc.) sont tous nés de son imagination et faits de ses mains.

 

Les mois passent et je me rends compte que ce gars est partout dans la ville! Organisateurs des fameux Salons Nouveau Genre, dont la cinquième édition à Méduse à connue un succès monstre, homme derrière Pan Peinture, BANG ZINE en plus de toutes ses productions personnelles…la tête me tourne rien qu’à le regarder aller! Pas surprenant qu’il ait été finaliste en 2010 pour le prix François Samson, prix d’excellence des arts et de la culture de la ville de Québec! (Notons que ce sont Marie Gignac et DominiqueViolette qui ont remporté l’honneur pour le Carrefour International de Théâtre, ce n’est pas rien d’être nommé au côté de tels piliers).

 

 

Bon, alors quel rapport avec les duchesses? Et bien, OBV, Olivier Bhérer Vidal pour les intimes, a lui aussi, prit quelques minutes de son précieux temps pour créer une œuvre sous le thème du Carnaval et des duchesses à la demande de la Duchesse de Beauport. Dernier collaborateur d’une série de 6 (dont vous pouvez observer le talent en déroulant la page et en allant sur la page précédente), OBV propose aux amoureux de la duchesse de Lindo Puerto le dessin suivant :

«Reçois en pièce jointe ce dessin que j’ai intitulé “Hommage à Vanessa Bell”. Ce dessin est le prochain dessin de la semaine. Voir : http://1parsemaine.tumblr.com/ »

 

 

 

Incapable de cesser de créer et de mettre en œuvre des occasions pour les artistes et le public de faire connaissance, Olivier a plusieurs projets dans les mois qui suivent. Curieux, jetez un coup d’œil là-dessus et tombez en amour, tout comme votre duchesse, avec cet homme sans pareil!

- Exposition collective intitulée « Lorsque j’avais 10 ans » au centre MATERIA en mars 2011

- Il sera commissaire, avec Pascale Bonenfant, d’une exposition collective d’une trentaine d’artistes à Morgan Bridge en mai 2011

- Exposition d’une série de 273 portraits dessinés de gens de mon entourage au Cercle en juin 2011

En attendant, vous pouvez suivre son travail à l’adresse suivante : http://obvdesign.wordpress.com/

 

Ha, j’oubliais, il est également le frère de la Duchesse de Saint-Jean-Baptiste et amateur de jeu de poche. Charmant.

Parapapapam et le temps qui passe

La fin de la revengeance approche… deux semaines, ça passe vite!! Montcalm est un quartier de patrimoine, où se trouve notamment la maison Henry-Stuart sous la tutelle du Conseil des Monuments et sites du Québec. http://www.cmsq.qc.ca/

Pour Parapapapam, Montcalm est d’abord et avant tout, le quartier de son enfance. Dédicace à Romain, Simone, Loane et tous les enfants qui grandiront dans le secteur. Votez Montcalm !

(scénario, montage, caméra: Paméla Bisson) (photographie: Anne Setlakwe) (Voix Adèle Stuart: Marianne Marceau)

Duch’MAG vol. 4 !

Je me remets bien de ma peine d’amour finalement. J’ai décidé d’élever notre enfant en idolâtrant son père!

Pauvre bonhomme, c’est quand même pas de sa faute s’il est si populaire ! Tout le monde il l’aime bonhomme…

Cinq activités hors de l’ordinaire à essayer dans St-Roch… Selon duchesse !

# 1 : Aider un ange à poursuivre sa mission.

Pourquoi ? Parce que l’on va tous devenir vieux, parce qu’on n’a pas tous la chance d’être bien entouré, parce que la solitude tue, parce qu’il est là quand personne ne veut d’eux. Je vous parle ici de M. Gilles Kègle, surnommé «La mère Thérésa du quartier St-Roch» et des gens souvent laissés à eux-mêmes qu’il aide quotidiennement. Saviez-vous que sa fondation permet de réaliser 800 visites à domicile par semaine à Québec, mais aussi à Vanier, Beaupré et Charlesbourg ?

Aider financièrement serait une bonne option car pour continuer sa mission, la fondation a besoin d’argent. Mais ce que duchesse vous propose, c’est de donner 1 heure de votre temps à la fondation et aider quelqu’un à retrouver sa dignité ! Les bénévoles se font rares de nos jours, alors pour savoir ce que vous pouvez faire, selon ce que vous êtes prêts à faire, une journée où vous n’avez rien à faire… eh ! eh ! Suivez ce lien

#2 : Recréer la cérémonie de thé du film « Karaté Kid» !

Cette scène mythique vous hante encore aujourd’hui et vous adorez boire et essayer toutes sortes de thé ? Si vous ne connaissez pas la maison Camellia Sinensis, il est grand temps de vous y rendre ! Cette maison de thé se démarque par les différentes activités qu’elle propose durant l’année, dont des cérémonies de thé !

Aussi, le contact privilégié et direct que l’équipe entretient avec les producteurs leur permet de vous offrir une grande variété de thé, à une fraîcheur inégalable et ce, à un bon prix ! À l’heure de la mondialisation, ça fait du bien de savoir d’où vient ce que l’on achète… Prenez le temps de jaser avec le personnel et découvrez l’histoire liée aux producteurs qui fournissent le thé de la maison ! Pour en savoir plus

#3 : Visiter St-Roch avec un personnage bien de son temps !

C’est ce que vous propose la Compagnie des Six associés, avec son circuit «St-Roch la rebelle » ! Vous y découvrirez l’histoire fascinante de mon faubourg ainsi que la vie difficile de ses travailleurs durant l’époque industrielle et ce, accompagné d’une ouvrière de la Dominion Corset ou du contremaître de la fabrique de chaussure A.E Marois limited !

Les six associés proposent aussi plusieurs autres circuits, tous plus intéressants les uns que les autres…

Découvrez les histoires cachées de la ville de Québec d’une manière originale

# 4 : Découvrir l’art actuel du quartier !

Connaissez-vous L’œil de poisson, Le Lieu, L’Établi ? « Aller voir des galeries d’art, en quoi est-ce original», me direz-vous ? Et bien, ces trois centres de création visent la production et la diffusion de l’art actuel, parfois moins connu du public. L’œil de poisson par exemple s’intéresse particulièrement au multimédia et propose aussi des activités et des présentations de spectacles multidisciplinaires. Le Lieu fait côtoyer installation, performance, art action, ainsi que tout autre exploration artistique pertinente. L’Établi quant à lui est un nouvel espace de création qui fêtera son premier anniversaire en février et qui s’intéresse à l’art médiatique et à la photographie. Pour consulter la programmation et vous laisser déstabiliser, cliquez sur la bonne adresse !

L’œil de Poisson

Le Lieu

L’établi

#5 : Jouer au paparazzi devant l’église de scientologie.

Qui sait, peut-être apercevrez-vous Tom Cruise, John Travolta, Lisa Marie Presley ou encore mieux, France D’amour ?!

Montcalm / St-Sauveur – On vote!

C’est le retour des fabuleuses duchesses qui chantent, cette fois-ci, le message est clair, ON VOTE! jusqu’au 12 février pour Montcalm ou St-Sauveur

(Musique karaoke Alors on danse de Stromae, textes: Paméla Bisson et Sophie Thibeault, enregistrement: 51 FAYA STUDIO)

Aujourd’hui, je te fais descendre la rue Monseigneur Bourget jusqu’à la rue Saint-Joseph…

Tu vas tourner à gauche et poursuivre ta route sur cette magnifique rue parsemée de petites chapelles, appartements colorés, typiques lavoirs et ressourceries dignes du Vieux-Lévis. Bref, rince-toi l’œil jusqu’à ce que la rue forme un « Y ».

Devant toi une maison blanche plutôt vieille qui n’a jamais été retouchée ou presque. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de « la Corriveau » ?… Son premier époux décédé subitement avait fait courir plusieurs rumeurs dans Bellechasse où elle habitait en 1749. Certains disaient qu’elle aurait versé du plomb bouillant dans son oreille pour le punir de son libertinage… Puis, elle a eu un second époux qui, quelques mois plus tard, est décédé à son tour : il a été retrouvé dans un enclos à chevaux, la tête écrasée.

Le père de Marie-Josephte Corriveau, ayant été se dénoncer pour sauver sa fille, fut condamné à mort et cette dernière fut marquée au fer d’un « M » pour meurtrière et condamnée à 60 coups de fouet pour complicité. Ces sentences n’ayant jamais été respectées, le père alla se confesser et avouer que sa fille était coupable. Marie-Josephte a avoué avoir tué son dernier mari à coup de hache ; elle a été tuée et exposée dans une cage après sa mort.

L’endroit d’exposition : ici, où tu te trouves ! Hey, oui, dans ce temps-là, on exposait les corps morts !… Elle est restée là assez longtemps jusqu’à ce que les habitants de Lévis se plaignent d’entendre des grincements de fer et autres bruits venant de là. L’histoire est vraie, en 1840, lors de l’agrandissement du cimetière, on retrouva ladite cage avec des os à l’intérieur à l’endroit où on l’aurait enterré à la suite de ces plaintes.

LES LIMOULOIS PURS ET DURS

Grâce au projet fou de la Revengeance, j’ai eu la chance de rencontrer des gens extraordinaires. Des gens de tous les horizons, des gens de toutes les passions. Ceux qui m’ont le plus ébranlée sont les Limoulois, les purs et durs, les convaincus, les convaincants. J’ai rencontré ceux qui parlent fort en levant leur verre, et ceux qui ne parlent pas mais qui évoquent la grandeur de leur attachement à ce fief qu’ils aiment tant. Moi qui adore mon quartier sans retenue, je me suis toutefois sentie bien modérée devant la grandeur des émotions de ceux que j’ai rencontrés. Je croyais être une extrémiste, mais en fait, je ne suis qu’une toute petite voix.

Une belle rencontre, purement virtuelle, fut avec Louise. J’ai découvert une femme, une artiste, mais surtout une citoyenne amoureuse de son quartier. C’est d’ailleurs avec bonheur que j’ai appris qu’elle écrivait des textes sur Limoilou, vibrant de sincérité…

À la lecture de ses petits chefs-d’œuvre littéraires, il m’est apparue évident que je devais partager avec vous l’un d’entre eux en particulier. Avec l’accord de Louise, je vous partage donc ce témoignage d’une vie qui prend racine dans notre quartier adoré. Parce qu’en fait tout est là, dans le partage, dans le rassemblement, dans notre Limoilou chéri.

Laissez-vous transporter par les souvenirs, les images, les odeurs, les sons… Bon voyage dans le temps !
Votre Duchesse

© Louise Sanfaçon 2006

SOUVENIRS DE LIMOILOU

Par Louise Sanfaçon

Une nuit, je tenais la main de mon père, étendu inconscient sur son lit de l’hôpital St-François d’Assise. Après une longue et pénible maladie, je le regardais partir le cœur brisé. Dans Mon Limoilou, il n’y avait pas eu meilleur homme. Papa m’avait appris la bienveillance, la tolérance, la générosité et le respect, la passion de l’art, l’indépendance d’esprit.

À son chevet, je me souvenais de Son Limoilou. Je me souvenais combien il aimait aller chaque année, au mois d’août, à l’Exposition provinciale de Québec pour assister aux concours des animaux de ferme. Je me souvenais combien il aimait nous emmener, ma mère et moi, aux spectacles du cirque «Ringling Bros and Barnum & Bailey» et aux spectacles de patinage artistiques «Holiday on Ice» au Colisée. Je me souvenais des samedis matins en famille au centre d’achat Fleur de Lys, en décembre, pour me faire prendre en photo avec le Père Noël. Puis, nous nous arrêtions au beau magasin de jouets Kirouac sur la 3e Avenue, où je pouvais choisir l’un de mes cadeaux. 

Je me souvenais du sous-sol de la maison de ma grand-mère paternelle, que mon père et moi avions réaménagé, repeint, tapissé, pour en faire un petit salon d’autrefois. Mon père y avait installé le gramophone de son enfance et nous écoutions ensemble ses vieux 78 tours préférés. Je me souvenais des délicieuses framboises qu’il avait plantées le long de la clôture de la cour. Je me souvenais des nombreux chats abandonnés du quartier qu’il avait rescapés, nourris, soignés et placés en adoption chez de bons voisins. Tant de souvenirs avec mon père s’ancraient dans Limoilou.

Pendant sa maladie, le Domaine de Maizerets – situé derrière le boulevard Montmorency – était le seul endroit au monde où je trouvais un peu de réconfort et de paix. Entre mon travail, les traitements à l’hôpital et les soins à la maison, j’errais chaque jour dans les 27 hectares de marécages et de sentiers, peu importe la saison, peu importe le temps. J’y ai vu grandir plusieurs familles de canards, j’y ai écouté avec délectation la douce litanie du rrourrrourrrou des grenouilles de l’étang sous la pluie, j’y ai observé attentivement le comportement territorial des carouges à épaulettes à la fin de l’hiver, j’y ai vu des jaseurs des cèdres se gorger de petits fruits jusqu’à l’ivresse en été, j’y ai respiré à fond le parfum envoûtant de la roseraie, je me suis liée d’amitié avec quelques très vieux arbres. 

Le Domaine de Maizerets, abandonné pendant plusieurs décennies, renaissait et débordait de vie. Une abondance chaotique, d’un vert électrisant, régnait dans ses sous-bois inondés.

Marcher dans les sentiers du domaine m’extirpait un moment de la fatalité inéluctable de la mort, qui fermait un peu plus chaque jour sa poigne sur mon père.

Mon Limoilou : j’ai grandi dans ses maisons, j’ai appris dans ses écoles, j’ai joué dans ses ruelles, j’ai marché dans ses parcs, j’ai souffert dans son hôpital, j’ai pleuré mes disparus dans son église. Je me suis baignée dans ses piscines municipales. J’ai dévoré le cinéma de répertoire dans son célèbre et regretté cinéma «La Boîte à film» sur la 3e Avenue. 

Si, aujourd’hui, mon âme et mon cœur sont ailleurs, mes racines s’enfoncent à jamais dans Mon Limoilou. On a beau me dire que je suis venue au monde comme tout le monde (ou presque) dans un hôpital, j’ai vraiment l’impression d’avoir émergée de l’une des innombrables fissures des trottoirs du quartier, au milieu des mauvaises herbes foisonnantes de l’été, au milieu des futuristes hangars de tôle rouillée, au milieu des cordes à linge battant au vent dans les ruelles, au milieu des discrets fantômes Iroquoiens.

Limouloise jusqu’à la substantifique moelle,
Limoulouise

Entrevue avec une vraie de vraie duchesse et reine !

J’ai eu la chance de rencontrer une vraie de vraie duchesse du Carnaval, Claudie Bérubé, qui a été couronnée reine en 1992. Vous pourrez tout tout tout connaître de la vraie vie de duchesse grâce à celle qui été une des premières duchesses modernes de Québec, avant l’arrivée de la Revengeance en 2010. Et oui, Claudie 1ere était mariée lorsqu’elle était duchesse, un signe de sa modernité à une époque où il fallait normalement être célibataire pour participer à ce « concours ».

Dans ce temps-là, pour être duchesse, il fallait être jeune – 18 à 25 ans – jolie et avoir de la personnalité. Trois qualificatifs applicables à Claudie, qui était pourtant « vieille » lorsqu’elle a posé sa candidature : 24 ans!

Comme me l’a raconté Claudie, le processus de sélection était rigoureux : un long formulaire à remplir comme première étape, puis une série d’entrevues pour dénicher les meilleures ambassadrices du Carnaval. La dernière entrevue, élément ultime du processus de sélection, est celle qui a le plus marqué notre duchesse invitée : devant une salle remplie de gens d’affaires de Québec, les candidates avaient 30 minutes pour préparer un exposé de 10 minutes portant sur un sujet d’actualités prédéterminé.

Lorsqu’elle a été choisie pour être duchesse de Montmorency, Claudie a été couronnée par l’ex-duchesse du secteur, une cérémonie avec décor en carton-pâte et gâteau au crémage chimique : ce n’était pas encore le faste du Château Frontenac, où les sept duchesses étaient logées pendant toute la durée du Carnaval! Outre les cours d’étiquette et les essayages pour la constitution de sa garde-robe de duchesse, gracieuseté des Galeries de la Canardière (1992 fût une année difficile financièrement pour l’organisation du Carnaval…), c’est l’aspect humain et social de la fonction qui a le plus enchanté Claudie : les liens avec les autres duchesses, le rapport avec les bénévoles, les visites aux foyers de personnes âgées et aux hôpitaux pour enfants malades, etc.

Couronnée Reine du Carnaval 1992, Claudie est sortie grandie de cette aventure. Appelée à prendre régulièrement la parole et à faire la tournée des médias, elle a gagné beaucoup d’assurance. Bref, Claudie a énormément apprécié son expérience et elle en garde un souvenir mémorable. Même si, au départ, elle s’était présentée comme candidate duchesse un peu par défi : elle voulait mettre du piquant dans sa vie un peu « sage » jusque là et souhaitait également « tester » le processus de sélection, qu’elle pensait possiblement arrangé… Son couronnement lui aura prouvé le contraire!

En terminant ma rencontre, je n’ai pu m’empêcher d’essayer d’avoir un scoop pour savoir qui se cachait derrière (ou dedans!) le Bonhomme. « Même nous, les duchesses, ne le savions pas! » Si Claudie ne connaît pas l’identité secrète de Bonhomme, Bonhomme lui connaît bien Claudie. « Aujourd’hui, Bonhomme me reconnaît encore! » C’est sans doute ça la « magie de Bonhomme »… ;)

Duchesse St-Jean-Baptiste

Bonhomme n’est pas le seul à se souvenir de Claudie 1ere. Elle me confiait qu’elle est encore reconnue de temps en temps dans la rue, même si elle a été reine il y a plus de quinze ans!

Et que pense l’ex-duchesse de la Revengeance des Duchesses? « C’est génial », selon elle. Elle trouve en effet que c’est une idée tout à fait pertinente qu’il y ait des ambassadrices (ou des ambassadeurs) pour faire connaître les différents quartiers de la ville, y partager l’esprit de la fête et promouvoir les activités qui s’y déroulent.

Longue vie à toutes les Duchesses!