La revengeance des duchesses

Duchesses Carnaval Québec

Duchesse du Vieux-Québec

Profession, hobbies ou autres? : Je suis artisan-designer-bijoutière depuis 10 ans, sous le nom de Sophiori. J’ai  commencé ma carrière dans le Vieux-Québec, à l’âge de 6 ans, comme caricaturiste-peintre, ensuite j’ai été maquilleuse à 8 ans, mais ça c’est une autre histoire…

J’aime faire beaucoup de choses: rien faire, faire des choses à la main, marcher, rêver, analyser mes rêves, trop parler, pas parler du tout, cuisiner, bouquiner et fouiner dans des secondes mains, monter des côtes (à Québec, je suis servie)… la liste pourrait s’éterniser!!!

Quelle est votre couleur rose préférée? : Euh, s’il faut répondre, je dirais rose-pastel-coucher-de-soleil-de-janvier. Un rose subtil, doux, et nordique.

Quel est le meilleur film de princesse que vous ayez vu? : Hmmm, je dirais « Eagle vs. Shark »…Ce n’est pas un compte de  princesse conventionnel, j’en convient, plutôt celle d’un et une élus peu probables. Trop attachants!

Quelle femme représente pour vous la top des tops et pourquoi? : C’est sûûûr que c’est cliché mais tellement vrai: ma grand-mère; pour milles raisons, c’est une libre-penseuse incroyable, une contemporaine, et une sage, bien évidemment, entre autre, dernièrement, pour avoir gardé les cendres de mon grand-papa auprès d’elle et sans aucune cérémonie à l’Église (Go Pagan Grandma, Go!!!)

Votre talent caché? : Comment découvre-t-on un talent s’il est caché?!? Faudrait que je fasse un sondage dans mon entourage, et je vous reviens là-dessus!

Quand vous étiez enfant, vous rêviez de devenir… : Une magicienne, pour transformer mes toutous en êtres vivants et pour plier des cuillères en deux avec la force de mon esprit. Je voulais aussi être mon propre patron, d’où mes débuts précoces comme artiste-peintre sur la rue Couillard.

Que seriez-vous prête à faire pour devenir LA Reine? : Rien. Vraiment.

Au risque de devoir changer mon titre pour Duchesse égalitaire ou quelquechose du genre, nous devrions chacune élire l’une d’entre nous, celle de notre choix, pour la raison de notre choix. Nous avons déjà nos couleurs bien distinctes et une voix personnelle, élisons-nous! Ça fait pas un peu trop duchesse cucu ça, élire une Reine?

Ou compétition féminin, non? Ou suis-je trop sérieuse?

Le Vieux-Québec, Walt Disney ou Europe en Amérique?

Dommage que les gens de Québec ne s’approprient pas davantage le Vieux-Québec; soit snobé, soit folkorisé pas nos citoyens, une chance que les visiteurs sont là pour nous rappeler toute sa richesse, sa beauté et son unicité.

Je l’avoue, j’ai un parti pris, le Vieux-Québec étant le lieu où s’est déroulé mon enfance: amuseurs et musiciens de rues, maquilleuses et souffleurs de ballons, portraitistes sur la rue Saint-Anne, festival d’été, clowns, musique en plein air; quel endroit merveilleux pour une enfant!

Maintenant devenue grande et adulte, je me sens si privilégiée de pouvoir habiter Québec, et de travailler chaque jour dans le quartier historique, intramuros.

Le Vieux-Québec, c’est pour moi des paysages colorés, des contrastes et des personnages typiques et typés qui se côtoient chaque jour, tout au long de l’année: les ontariens sous-habillés en février, les brésiliens surhabillés en septembre, les grandes américaines blondes qui se prennnent les talons entre deux craques de pavés en pierre, et qui tentent de camoufler leur maladresse, les ramasseux de bouteilles qui font la passe durant le festival d’été, regardés de haut des banalieusards qui font leur tournée annuelle dans « l’Vieux », les bruits quotidiens de sabots des chevaux en calèche, les chicanes de territoires entre les cochers et les chauffeurs de taxis, entre musiciens et amuseurs de rues, les anglophones canadiens qui demandent fièrement où ils peuvent manger de la « poo-teeen », et tous ceux qui découvrent pour la première fois cette enclave francophone que nous sommes, en Amérique, qui n’en reviennent tout simplement pas.

On prend souvent pour acquis ce que d’autres paieront cher ou feront des dizaine de milliers de km pour voir de notre ville: la beauté des rues et des bâtiments, l’ambiance tranquille et paisible, et même l’effervescence créatrice parfois discrète mais palpable pour ceux qui entrent en contact avec elle, via les cafés, les restaurants, les commerces. Nous, on ne les voit plus, mais de grands voyageurs de partout dans le monde me rappelle souvent qu’il y a quelquechose de différent ici, d’extrêment riche en créativité, qui se perçoit même à travers ce que nous considérons trop souvent péjorativement, le coeur touristique de la ville.

Vive la relativité, et les touristes qui contribuent à garder vivant en moi ce regard neuf et frais face à ou je vis!!!

Si chargé en été, l’hiver, Québec et sa vieille ville devient tranquille, un endroit inspirant et quasi-méditatif, par sa physionomie si peu commune en Amérique du nord, et où il fait si bon de déambuler en pleine tempête, les rues à soi tout seul.

Excursion poétique ET économique, la traverse Québec-Lévis

Une activité que j’aime beaucoup faire, au moins une fois l’an, c’est aller sur le traversier, pour le simple plaisir d’observer les glaces sur le Fleuve.

On prend facilement pour acquis ce que l’on a d’unique et particulier, et même si je suis la première à apprécier les plages ensoleillées du sud, j’aime me mettre dans la peau d’un étranger n’ayant jamais vu la neige, qui arriverait à Québec et verrait pour la première fois de sa vie les immenses blocs de glace qui s’entrechoquent par le mouvement du traversier qui les fends à journée longue.

C’est tout de même impressionnant!

Les craquements lourds et sourds…

Les blancs, gris, et bleus pâles des morceaux glacés

et l’eau foncée, qui elle semble encore plus profonde et sombre

lorsque mise en contraste avec les plaques mouvantes qui la couvre.

«Venez faire une excursion poétique et nordique, sur les eaux du majestueux Fleuve St-Laurent, à Québec, berceau de l’Amérique Française, patrimoine mondial de L’UNESCO!

Au programme, chocolat chaud  ou thé dans le terminal, vue sur le Fleuve et Lévis, observation de la faune locale (après tout, il y a des gens de Québec pour qui c’est l’habitude et qui utilisent le traversier de façon strictement utilitaire), aller-retour sur le fleuve, observation des glaces.

Retour avec vue de la Ville de Québec et du Château Frontenac à son meilleur, et possibilité par la suite de se promener dans le Petit Champlain, ou reprendre l’écolo-Bus pour retourner vers le centre-ville. »

N’est-ce pas alléchant? Mais pour combien?

Combien pour ce super forfait digne des plus grands curieux?

30$? 20$ ? 15$ ? 12$ ? Non, essayez encore…

10$, max, si vous vous tapez un méga-snack dans le traversier (genre chips, chocolat chaud et biscuits)..

C’est que j’appèle un excursion poétique ET économique!

(Et sans blague, je ne suis jamais déçue devant la beauté que me réserve cette petite promenade!)

Le Vieux-Québec, une trappe à touristes?

Je vous préviens tout de suite, je vais prêcher pour ma paroisse.

J’ai vécu mon enfance dans le Vieux-Québec, ma garderie était sur la Rue Couillard,

j’ai volé ma première pomme sur la même rue, à l’Épicerie Couillard…

Mes amis étaient entre autre les amuseurs et musiciens de rue, les maquilleuses, les portraitistes et caricaturistes, j’ai suivi ma mère, artiste-peintre, à son travail, sur la rue Du Trésor, et tenté de faire comme elle en vendant mes dessins à 25 sous chacun sur le coin de la rue St-Anne et du Trésor,

Mon père a longtemps été cocher, devant le Château Frontenac (avant que la Ville ne change l’endroit où les cochers se « stationnaient » )

j’ai été tresseuse, vendeuse de bebelles et t-shirts touristiques, vendeuse de gravure sur la rue du trésor…

Bref, le Vieux-Québec, je le connais sous les coulisses, dans ce qu’il a de meilleur comme dans ce qu’il a de plus … ordinaire, mettons…

( Est-ce surprenant que je sois devenue à mon tour une artisan et  propriétaire d’entreprise dans le Vieux-Québec?)

Je suis toujours surprise de constater que les gens de Québec connaissent mal ou peu leur « Vieux », qu’ils l’habitent si peu, en étant de simples figurants momentanés pendant l’été, puis après, fini, on se reverra aux prochaines fêtes de la Nouvelle-France…

Et après, lui reproche de n’être qu’une trappe à touristes, alors que ce n’est pas vrai, ou ce n’est pas sa seule dimension en tout cas.

Je vous lance un défi, celui de vous approprier VOTRE Ville, IntraMuros, et  de lui redonner son âme!

Et laissez faire les arguments de la voiture et du parking pour un moment, après tout, on se vante sans cesse d’être plus « européens » qu’ « Américains », mais on n’est pas capable de faire des activités sans nos autos, ou en dehors des grandes surfaces!

Come on! Vous êtes plus créatifs que ça, j’en suis sûre!

Je connais des endroits supers, plaisants et agréables, intérieurs et extérieurs, pour marcher, prendre l’air,  faire un pic-nic l’été, se recueillir, prendre un café, une bouchée,  un dessert,  un verre,  faire un travail, rédiger un texte,  s’inspirer, se ressourcer, se changer les idées, ou pour sortir de sa routine,

entre autre, la promenade des Gouverneurs, au bout de la Terrasse Dufferin, qui compte je ne sais plus combien de marches et qui rejoint les Plaines d’Abraham ( une marche vivifiante et si belle!)


ou encore  le petit parc dont je ne me souviens plus du nom, caché au bout de la rue Mont-Carmel, derrière le Château Frontenac, idéal pour un pic-nic romantique;

ou la bibliothèque anglophone, du Morrin Centre, sur la chaussée des Écossais, un lieu fascinant par son histoire, que peu de gens connaissent;


les remparts et ses lilas fleurissant au printemps, encore une façon d’allier plaisir et forme!

La ville a tant de courbes exquises ne demandant qu’à sculpter nos beaux mollets saillants!

La rue Sous-le-Cap, parrallèle à et  cachée derrière St-Paul; à chaque fois que je la fais découvrir à quelqu’un, leur regard étonné me rend joyeuse « Je ne savaispas qu’il y avait ça ici » .

La rue du Trésor, contrairement à la croyance populaire, est occupé par de vrais artistes (pour la plupart) qui font eux-mêmes leur oeuvres (et non pas fait en Chine comme je l’ai déjà entendu) et qui, même s’ils ne font pas de l’art abstrait mais plutôt commercial, ont beaucoup de talents, de savoir-faire, de passion pour ce qu’ils font,  et sont eux aussi, que vous le vouliez ou non, des ambassadeurs de notre Ville, en vendant leurs interprétations de nos rues et nos bâtiments sur leur toiles et papiers.

Le Château, lui aussi, est snobé par nos concitoyens qui à les entendre sont « écoeurés » de le voir sur les cartes postales… Entrez dedans alors, plutôt que de vous en plaindre!

Allez prendre un verre au bar du Château Frontenac, un soir d’hiver en semaine, surtout si c’est tranquille et qu’il neige abondamment dehors. On s’assoie près de la fenêtre, la vue y est superbe, et l’ambiance à la fois chaleureuse et dépaysante.

Il y a aussi un centre santé avec salle d’entraînement, piscine, bain tourbillon et un sauna vapeur, et les résidents de la Ville peuvent être membres, moyennant quelques semaines ou mois, dépendemment, sur la liste d’attente…Et là, il y a du Parking pour ceux qui voudraient le savoir!! ;)

Être voyageur dans sa propre ville, c’est merveilleux!

Je connais au moins une dizaine de magasins (au minimun, de mémoire sans y penser davantage, ainsi que ceux que je fréquente) qui offrent des vêtements, bijoux, accessoires, idées-cadeaux qui ne sont pas des trappes à touristes, qui ne gonflent pas les prix, qui apprécient leur clientèle locale, qui aiment ce qu’ils font, les produits qu’ils distribuent et  les gens qu’ils servent,

Pour eux, être dans le Vieux-Québec est un privilège, économique, certes, et aussi une occasion d’agir en sorte d’ambassadeurs officieux auprès de  ceux  pour qui la porte d’entrée sur notre Ville et nos gens passent par le quartier touristique; des propriétaires de petites et moyennes entreprises passionnés et sincères, pour qui c’est loin d’être seulement une « passe de cash » ou une entreprise sans coeur…

Même chose pour des cafés et des restaurants…

Et il me semble que je ne fais qu’effleurer la surface!

Bref, je vous avais prévenu que je prêcherais pour ma paroisse.

Quand nous commencerons à être plus nombreux à fréquenter, habiter, et profiter du Vieux-Québec à sa juste valeur, il deviendra encore pus rayonnant qu’il est déjà, mais autant de l’intérieur qu’en façade!

Je compte sur vous!