» Le roi de Québec et ses hivers. – Geneviève, 2011, Ste-Foy, Le roi de Québec et ses hivers., Geneviève, 2011, Ste-Foy.

La revengeance des duchesses

Duchesses Carnaval Québec

Le roi de Québec et ses hivers.

Extrait du prologue

“Les deux temps de ma vie m’ont appris qu’il existe plusieurs hivers. Après tout, je suis né avec un premier hiver et je suis tombé avec deux autres un soir d’automne confus. Un temps, marqué par un contretemps, se résume ainsi.

La fin du contretemps, non sa solution, présagea sans surprise, avec les inconnus des lendemains cependant, l’horreur et la violence de l’autre temps. C’était programmé et gravé en moi.

[…]”

Mon rôle de duchesse a pris tout son sens hier. J’ai été émue comme rarement hier.

Bien que je ne le connaisse pas personnellement, François (nous tiendrons son nom de famille secret à sa demande), un fier résident de Ste-Foy, me soutien dans ma campagne, via le groupe facebook que j’ai créé. Il m’a raconté son histoire et ce qu’il m’a confié, m’a complètement bouleversé.

François est atteint d’une maladie (dont il préfère que l’on taise le nom) qui lui a fait perdre petit à petit l’usage de ses bras et de ses jambes. Il se déplace en fauteuil roulant. Il a appris à utiliser un logiciel de reconnaissance vocale à la fois pour naviguer et communiquer sur Internet que pour écrire dans un traitement de texte. Comme il est un homme de défis, François s’est lancé dans l’écriture d’un roman, qu’il a terminé au début du mois de janvier après un peu plus de 245 pages. Si tout va bien, le livre devrait paraître au début du mois de mars. Comment ne pas avoir d’admiration pour cet homme!
Voici un extrait de l’entrevue que je réalisé avec lui:

D’où est né ton goût pour la littérature?

Au plus loin que je me souvienne, c’est d’abord le livre qui m’a intéressé. L’objet. Mes parents ayant tous deux été professeurs de français, il y avait toujours un livre qui traînait sur la table on qui faisait régulièrement son apparition dans la grande bibliothèque familiale. Les couvertures attiraient mon attention. J’adorais escalader la bibliothèque pour en découvrir de nouvelles !

Mais bien honnêtement, malgré mon goût pour la lecture qui s’est développé, je n’ai jamais été un grand lecteur. Je me suis néanmoins inscrit en lettres au cégep, puis en littérature française à l’Université Laval. Un cheminement normal, dans la continuité, sans toutefois que mes parents m’y poussent. Mais la jeunesse étant faite de découvertes, de désillusions et de confirmations, j’avais voyagé en Europe à l’âge de 18 ans, à la fin de la première année de cégep, puis à la fin de celui-ci. La géographie m’ayant elle aussi toujours attirée – dans les livres, on voyage –, j’ai abandonné la littérature française pour la géographie, et finalement l’urbanisme à la maîtrise.

Comment ta maladie a-t-elle évolué au point de perdre l’usage de tes membres?

Ce que j’ai nommé l’hiver de tête dans mon roman s’est manifesté en moi au mois d’août 1995 ; des taches blanches ont été identifiées par un médecin et ce, deux semaines avant de partir à Prague pour une année universitaire. J’avais 22 ans. Après le cataclysme de la nouvelle, j’ai mené une vie normale. Mais la tempête s’est levée en 2000. Lentement, mais rapidement à l’échelle d’une vie, j’ai perdu graduellement l’usage de mes membres ; plus de difficultés à marcher, à écrire, soit avec un crayon ou à tapoter sur le clavier d’un ordinateur. Surtout à partir de 2007. De la marchette je suis passé au fauteuil roulant.

As-tu pensé de ne jamais pouvoir écrire à nouveau?

Oui, que ce soit à partir du le clavier ou de la souris qui semblait me fuir. C’était désespérant. À la fois pour naviguer sur Internet, qu’écrire des courriels ou sur mon blogue – abandonné en 2008 après cinq années. Ça me demandait beaucoup d’efforts. Ça m’épuisait.

Tu viens de terminer l’écriture d’un livre …

Le 15 janvier dernier, après deux années, après 245 pages, j’ai terminé l’écriture de « Tant d’hivers », mon premier manuscrit qui je l’espère, deviendra livre après l’envoi aux maisons d’édition. C’est ce qu’on appelle une autofiction. Une autofiction d’hivers et singulière, comme je me plais à la nommer.

J’ai toujours été amoureux de l’hiver. De l’hiver de froid d’abord, puis de l’hiver de mots. Le livre raconte des hivers à travers les maisons où je les ai vécus, à travers mes yeux dans la forêt et dans le champ de la Maison Blanche, la maison familiale. Il y a aussi les hivers de froid de ceux qui les ont vécus et affrontés, les ayant pris de front. Ce sont mes grands-pères. Il y a aussi un hiver de froid plus tempéré vécu à l’étranger. En Tchécoslovaquie plus exactement, à l’âge de 20 ans. Et finalement, mon hiver de tête.

Enfin… C’est compliqué. Il faudra lire mon roman ! Dans mon prologue, j’ai écrit : « Il y a tellement d’hivers en moi, de toutes natures. Tant d’hivers que je dois les raconter. »

Tu seras le premier au Québec à écrire un livre en utilisant le logiciel de reconnaissance vocale …

Sauf erreur, oui. J’en ferai certainement la promotion, afin de démontrer aux personnes vivant un handicap que celui-ci amène certes des deuils, des limites, que la vie telle qu’on l’avait espérée n’est peut-être pas possible, mais qu’on peut s’affranchir, s’épanouir et se donner un peu d’autonomie. Avec ce logiciel, je peux non seulement écrire, mais naviguer sur Internet, envoyer des courriels, configurer l’ordinateur, etc. Bref, ma parole remplace mes doigts et mes mains.

Quel est ton désir en publiant ce livre?
Je voulais réaliser beaucoup de choses dans ma vie. Ce sera en vain. Parfois j’ai l’impression ne pas avoir vécu les hivers que je raconte. En écrivant ils revivent.

Quel est ton plus grand souhait pour l’avenir?
Guérir évidemment.

Et pourquoi t’intéresses-tu au projet La Revengeance des duchesses ou pourquoi supportes-tu la duchesse de Ste-Foy ? ;)

Pour les nostalgiques dont je ne fais pas partie, la ville de Sainte-Foy a été avalée par la ville de Québec. Par humanisme, appuyer la duchesse de Sainte-Foy est pour moi de mettre un baume sur les plaies de ceux qui n’en sont pas guéris aujourd’hui. Puis la vie a rappelé leur reine il y a quelques années. Le duché de Sainte-Foy a droit à une nouvelle reine ! À plus forte raison cette année : elle est allumée, créative !

Je laisserai sous peu mon rôle de duchesse. Mais le sourire de François sera toujours pour moi, un sourire royal. Dans l’hiver, dans l’adversité, il avance. François le grand homme, François l’auteur, François le roi!

4 commentaires

  1.  
    Marion Desjardins Duchesse de Lévis !

    ohh c’est beau j’ai des larmes dans mes yeux !

  2.  
    Duchesse de Limoilou

    Oui, François le Roi! Ca se résume là.

  3. Vibrant, inspirant… Voilà une magnifique leçon de courage.

    Je vous lève mon chapeau et je m’incline bien bas.

    D.

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